Depuis mars 2022, les sociétés communautaires sont mises en avant en Tunisie comme un levier de justice sociale et de développement économique local. Mais après plus de deux ans d'existence, le bilan reste mitigé et met en évidence de nombreux défis structurels.
Un écart préoccupant entre annonces et réalité
Entre mars 2022 et fin 2024, 268 annonces de création ont été publiées au Journal officiel (JORT). Pourtant, seules 64 entreprises ont été effectivement créées et, parmi elles, seulement 22 sont réellement entrées en activité, soit moins de 10% des projets annoncés.
Cet écart important montre que, malgré l'appui politique et médiatique, la concrétisation reste freinée par des obstacles juridiques, administratifs, financiers et organisationnels.
Une forte concentration sectorielle et géographique
Le secteur agricole et de la pêche domine largement, représentant 56% des annonces, suivi par les services, le transport et le tourisme. Sur le plan régional, les entreprises communautaires se concentrent surtout dans les districts III et IV, notamment à Gafsa, Béja, Sfax et Sidi Bouzid.
À l'inverse, des régions comme Tataouine, Ariana ou Zaghouan restent peu concernées, ce qui reflète des inégalités en matière d'infrastructures, de ressources et d'opportunités économiques.
Un potentiel encore sous-exploité
Les entreprises communautaires disposent d'un réel potentiel pour créer de l'emploi local et dynamiser l'économie régionale. Cependant, leur véritable défi reste la viabilité économique. Sans modèles solides, sans intégration dans les chaînes de valeur et sans accès durable au financement, ces structures risquent de rester symboliques.
